Galerie du Studio Célanie,
12 rue G. Courteline – Tours.
Marie Thouin.
« Oublions Bénarès ».
31 mai au 30 juin 2008
Un an après être sortie de l’école des Beaux-arts de Tours, Marie Thouin pose ses valises à la galerie du studio Célanie. Cette première exposition personnelle revient sur une mutation
conservatrice des enjeux de sa pratique. Revenant d’un séjour en Inde, les œuvres sont une compilation de son vocabulaire dialoguant avec l’indien.
Dès l’entrée, nous sommes accueillis avec l’œuvre « Mes Boites ». Ces empilements de contenant, pleins, ne nous laisse pas d’autres choix que la frustration de ne pas savoir. Nous sommes alors face
à une limite de l’accessibilité de l’œuvre. Le pathos mémoriel est judicieusement pudique et non démonstratif.
La cheminée accueille une accumulation de poupées, réalisées une à une avec des vieux morceaux de tissus indiens usés et récupérés. Dans cette installation, on retrouve mélangé à ces personnages de
tissus, des statuettes et des petites coupelles remplies d’eau et de fleurs. Cet assemblage transforme la cheminée en un autel ex-votif. Ces objets récupérés deviennent alors la trace d’une
religiosité choisie par l’artiste.
Trois vitrines sont accrochées sur le mur face à la cheminée. Deux d’entre elles présentent des accumulations d’objets personnels. Dans la troisième, on trouve une marionnette dont les ficelles
sont des fils électriques. Dans ces vitrines, chaque élément est partiellement argenté ou doré à la feuille. Il s’agit pour l’artiste de sacraliser ses babioles. La vitrine devient un cadre
protecteur perméable, car close de tulle fixé par de la cire.
À côté de la cheminée, on trouve l’œuvre « Mon Téléphone ». L’appareil, utilisé par Marie Thouin lors de son séjour en Inde, est allumé. Transformé à la feuille d’argent et à la cire, il reste à
l’heure indienne. Le téléphone devient alors la trace de la double temporalité ici exposée.
Enfin, la dernière œuvre se compose d’un ensemble de moulages de têtes de poupées, pigmentés et argentés. Ces reliques, proches visuellement de certaines idoles hindouistes, marquent la fusion du
sacré indien et du vocabulaire de Marie Thouin.
« Oublions Bénarès » est un moment de synthèse de la part de Marie Thouin. De cette fusion, l’Inde se fait oublier pour mieux être intégrée. L’oubli n’est qu’une trace incluse dans le présent.
Texte de Ghislain Lauverjat
