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Dimanche 16 novembre 2008
Exposition des photographies de Pierre Fuentes à l'atelier 7
du 7 novembre au 30 novembre 2008
32 bis rue Briçonnet - Tours
(près de la place Plumereau)

"Je n’ai jamais aimé le terme de « nature morte » et préfère bien sûr le terme anglais de « still-life ». Ainsi mon intention ici n’est pas uniquement de dire « Regardez combien est beau ce coing pourri » mais de montrer combien l’éphémère est porteur de permanence. Ma volonté esthétisante est patente, elle m’est nécessaire pour habiller le modèle, elle est marque de respect pour ce dernier mais cette humble coloquinte vieillissante est tout le contraire d’une « vanité », elle est tout simplement la vie si l’on veut bien la contempler d’un regard « re-créateur ». Cette tentative artistique est sans doute illusoire car elle tient de l’alchimie et de l’artifice mais elle m’est nécessaire pour accorder à  la photographie, telle que je la conçois actuellement, un sens vital."

Pierre Fuentes


Les tirages sont réalisés par l’auteur sur papier garanti sans acide BERGGER PN 61.

Encres utilisées : HP VIVERA à pigments.

Impression sur imprimante HP Photosmart PRO 9180

Les tirages sont limités à 12 exemplaires dans le format d’exposition ( A3 ) et sont accompagnés d’un certificat d’authenticité.

Prix avec cadre : 140 €


Les derniers travaux de Pierre Fuentes

Les travaux de Stetsuko Uno


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Vendredi 31 octobre 2008
Toujours dans la liste de Mathieu, on trouve Alex Kanevsky. Sur son site on peut voir de nombreuses peintures et une section très intéressante où il photographie différentes étapes de son travail.

Site officiel


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Mardi 28 octobre 2008
"né en 1970 Vit et travaille à Londres A 35 ans, Justin Mortimer est déjà un peintre très côté à Londres et Los Angeles. Etudiant prodige, il a été le plus jeune lauréat à recevoir le BP Portrait Prize à l’age de 21 ans et s’est vu commander un portrait officiel de la Reine Elisabeth à 27 ans. Ce tableau a d’ailleurs choqué plus d’un de ses compatriotes car Justin avait tout simplement coupé la tête de sa Majesté ! Dès ses premiers travaux d’envergure, qui datent de 1997, Justin Mortimer élabore en effet un vocabulaire pictural qui pose vraiment les bases de son œuvre. Les corps y sont toujours abîmés, tronqués, défragmentés. Parce qu’il souffre lui-même d’une infirmité au niveau du tibia et a passé une partie de son enfance dans les hôpitaux, le corps est devenu son obsession, son principal sujet d’étude."

Source Galerie Bertin-Toublanc

Site officiel

Commissioned portraits :

HMQ Commissioned by The Royal Society for the Arts 1997

Untitled 80 cm x 110 cm Oct 2006

Le Cabanial 178 cm x 240 cm Dec 2006

Juno 187 cm x 214 cm Nov 2006

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Mardi 28 octobre 2008
Jérôme Laguarrigue fait partie de cette série de peintre que nous ne connaissions pas. Un beau travail de peinture, riche et contemporain. Vous trouverez en bas de page 2 textes, le premier sur l'artiste et le 2 ème étant une interview à la villa Médicis.

Source : Site officiel


"Blue headgear" 2007 200 x 200 cm huile sur toile.

"Collision # 4 pt 2" 2007 150 x150 cm huile sur toile.

"Collision # 3 (frame 2")" 2007 50 x50 cm huile sur toile.

"Kenneth with cigar" 2008 200 x 200 cm huile sur toile.





"Boxing" Texte de Richard Peduzzi et Cecilia Trombadori

Jérôme Lagarrigue semble révéler, dès le premier abord, entièrement sa nature, à la fois infiniment complexe et infiniment simple. Ses racines sont composites : il est français, et américain ; son éducation et son cœur se promènent entre deux continents; sa sensibilité artistique il la doit à son père, Jean Lagarrigue, influencée par le travail de ce dernier, un passage de flambeau s’est installé entre les deux hommes; à son tour il semble influencer son père ; comme Jean, il est fasciné par le regard des hommes; dans sa peinture tout devient humain, les murs du Colisée semblent, tel le monde, tourner et se déplacer sur eux-mêmes. Comme un funambule, il cherche constamment l’équilibre et le trait d’union entre ces différentes origines qui tour à tour s’emparent de lui, comme dans une danse, qui ressemblerait à un swing ou à un Be Bop, qu’il porte en soi, tant dans sa manière de voir, de se déplacer et de parler, tant dans sa façon d’observer, de peindre et de représenter le monde.

Peut-être est-ce ce rythme interne qui le guide, qui réunit et harmonise les différents tempéraments de son âme, les différents points de vue qui animent son regard et recompose cette identité bariolée qui, loin d’être artificieuse et affectée, se révèle à nos yeux simple, naturelle, spontanée. Les tableaux que Jérôme a réalisés lors de son séjour à la Villa Médicis, en 2006, étaient le fruit d’une étude du visage humain et du regard, en particulier, en relation avec l’architecture et la géographie du paysage urbain ; il a rôdé dans la ville de Rome et sur le visage des romains, les a apprivoisés de ses mouvances hypnotiques, en a fait des portraits.

La Villa et la Ville semblaient être pour lui une sorte de laboratoire vivant, une source constante d’inspiration, de création et de liberté d’expression. Le résultat était surprenant. Il s’agissait de portraits et de paysages réalisés en grand format, à l’intérieur desquels il était possible discerner de nombreux autres tableaux, représentant chacun une parcelle du tableau d’ensemble, et chacun effectué selon une perspective particulière : par ici domine la lumière , ou une ombre, par là ressort un relief, ou une couleur, l’un est flou, l’autre contrasté, …

il semble vouloir rassembler chaque possibilité en une seule solution, approcher et reculer constamment du sujet pour le cerner entièrement, chercher le tout dans le détail et le détail dans le tout, l’affronter presque physiquement pour le posséder, tout en maintenant ferme le contact du regard, point de départ et feu crucial, comme dans une danse ou même – et justement - un combat. Jamais baisser la garde, jamais détourner les yeux, suivre et étudier les mouvements de chaque centimètre du corps de l’adversaire pour en deviner les pensées, les émotions, les points faibles ainsi que la force.

Telle est, peut-être, l’origine de la nouvelle série de tableaux, qu’il présente à l’occasion de cette exposition parisienne. C’est un peu comme si sa recherche, qui lors de sa permanence à la Villa semblait encore en phase de fouille, se dirigeant vers différents points, à la fois d’attraction et de repère, avait enfin trouvé une issue, une cible plus définie. En effet, il semble ici avoir pris du recul par rapport au cœur de l’action, il ne se situe plus lui-même à l’intérieur du combat. Sa perspective a changé: il observe cette fois le mouvement en tant que spectateur - mais un spectateur parfois invisible et privilégié qui aurait accès aux moments et aux mouvements les plus cachés et intimes, qui aurait droit à une vision plus rapprochée du sujet - ; il scrute les croisements des regards, devine et transcrit les pauses de respiration, la variation de chaleur émanant des corps, ainsi que les sentiments qui les animent. Encore une fois on y retrouve une volonté de pénétrer l’espace de la toile et de le rendre accessible et dynamique à la fois, comme si l’image ne suffisait pas à elle seule pour satisfaire son désir de compréhension et de représentation, comme s’il voulait intégrer à la discipline de la peinture d’autres possibilités, relevant du théâtre et du cinéma.

On est sans cesse pénétrés par sa passion intense, presque violente, par les traits des visages et des épaules, par sa touche et sa facture et par le choix de ses couleurs ainsi que par la façon si singulière qu’il a de « cadrer » ses sujets, extrêmement directe, souvent crue et brutale. Et en même temps, on voit jaillir de ses peintures tendresse et bonté, sentiments qui lui ressemblent.. Dans son regard, une curiosité étonnée et sincère, une attention et un respect très particuliers pour ce et ceux qu’il peint ; loin de vouloir nous renvoyer l’animalité bruyante du corps à corps, il nous en transmet une image épurée et silencieuse, semblable au souvenir que l'on garde d'un rêve: le détail d’un œil blessé par ici, le blanc de la serviette contre une nuque noire par là, la danse de deux âmes qui s’affrontent dans l’obscurité, pantelants et tendus, accrochés l’un à l’autre, l’un contre l’autre. Le jours où il a présenté son travail au concours pour devenir pensionnaire à l’Académie de France à Rome, Jérôme était souriant ; il émanait de lui une énergie physique, puissante et légère, la même que l’on retrouve chez les musiciens de jazz, les danseurs, ou les boxeurs.


"PAYSAGE DU VISAGE" Texte de Federico Nicolao.

L’Académie de France à Rome présente dans ses prestigieux espaces les oeuvres du peintre français Jérôme Lagarrigue du 14 septembre au 1er octobre 2006.

Né à Paris en 1973, l’artiste vit entre les Etats-Unis et Paris.

Pour la première fois en Italie, il propose au visiteur une série d’huiles sur toile récentes réalisées durant sa résidence à la Villa Médicis qui s’achèvera au mois d’octobre.
De cette période de recherche assidue qui a vu s’enrichir ses moyens d’expression sont issus ces tableaux où se matérialise un  questionnement sur le lien entre art figuratif et art abstrait, vision du visage et vision du paysage.

"Paesaggio del viso" (Paysage du visage) est le titre suggestif de cette exposition qui réunit deux series: d’une part les portraits, d’autre part les paysages.Les toiles naissent de la passion que l’artiste nourrit depuis toujours pour le visage du réel, et toutes semblent nous confronter à l’émotion née du dialogue mystérieux que chacun peut entretenir avec les individus et les choses; tout portrait est en même temps paysage, et tout paysage est à la fois manifestation et genèse d’une relation à l’altérité de nature réflective.Ces oeuvres obéissent à une logique interne qui affleure toutefois en surface par l’expression continue de fragments du réel et du quotidien.Chaque image est choisie en référence à un temps précis au sein duquel s’entrelaçent les moments privilégiés de l’observation et de la peinture.Les visages et paysages apparaissent alors comme autant de géographie mentale.

Ci-après, en guise de brève introduction à l’exposition, un entretien avec l’artiste Jérôme Lagarrigue et une sélection d’images des oeuvres qui seront exposées:

Villa Médicis: "Paysage du visage est le titre que vous avez choisi pour votre première exposition italienne. Pourquoi ce choix?

Jérôme Lagarrigue: Pour restituer quelque chose de cette grande passion, qui accompagne depuis plusieurs années, grâce à ce formidable médium qu’est la peinture, mon intérêt d’homme avant même que d’artiste en les paysages et les visages. L’étonnement dont je suis saisi lorsque j’observe le visage des autres ou des paysages anonymes est à la base du rythme de ma peinture. Ce sont des êtres familiers, plus rarement des inconnus, ainsi que des paysages croisés mille fois par jour et découverts à chaque fois sous une lumière différente, maintenant aussi grâce aux technologies modernes de représentation. Dans l’exposition vous retrouverez une série de visages qui m’ont frappé pendant mon séjour romain, mais également des toiles montrant des portions de terre, que l’on peut voir pour la première fois grâce au nouveau programme informatique "Google Earth", permettant de découvrir depuis chez soi, sur son écran, details et structures de notre quotidien, observés du point de vue des satellites.

V.M.: Votre représentation des paysages ainsi que vos portraits sont en effet étonnants, en ce qu’ils nous font expérimenter une sorte de dépaysement par rapport aux descriptions traditionnelles d’usage en peinture: vos portraits semblent vouloir pénétrer un "ailleurs" des individus qui y sont montrés, vos paysages renvoient à une façon d’observer différente et pourtant déjà existante, en nous. Est-ce une impression illégitime?

J.L.: Non, cette impression me parait plutôt appropriée. D’abord pour des raisons strictement techniques. Concernant les portraits, en travaillant une architecture intime comme celle d’un visage sur de très grands formats, celle-ci s’amplifie jusqu’à devenir un terrain de rencontre où je me confronte à la personne comme à une architecture que, moi-meme, j’ignore. Tout ceci concourt à mieux nous faire connaître le visage de manière différente voir parfois insolite. Sur un format aux dimensions démesurées, ce sont les coups de pinceau, un dégradé, une torsion obtenues d’un coup de spatule, qui nous disent plus familièrement ce qui se cache derrière ce que nous avons vu des milliers de fois. Dans ce contexte spatial nait le parallèle entre une idée de visage et une idée d’architecture, comme si c’était en effet la bonne direction de recherche pour essayer de répondre aux dilemnes avec lesquels tout peintre doit sans cesse se confronter. Comme, par exemple, cette vieille histoire de la frontière fragile entre abstraction et figuration. Tout en observant, sur des formats si amples la façon dont se construit un regard, un sourire, une pensée, un nez, à coups de pinceau et de spatule, avec des énormes zones à remplir, il arrive, inconsciemment ou non, que l’on cherche aussi à attribuer des traits humains à ce qui n’en a pas. Des traces de couleur d’un coté, des regions moins claires, ou plus marquées de l’autre…

V.M.: Travaillez-vous souvent à partir de photographies et de programmes comme celui que vous venez de mentionner?

J.L.: Il n'existe pas de règle fixe, mais il est vrai que j'aime beaucoup me servir de documents et de supports divers, comme les images, qu'elles soient ou non numériques. Il y a toutefois, tant pour les paysages que pour les personnes, une fréquentation assidue, ou bien une raison précise qui me stimule. C'est comme si chaque sujet portait en soi au moins une question à laquelle il faudrait essayer de répondre.

V.M.: La reproduction photographique n'est alors qu'un point de départ…

J.L: Dans une certaine mesure. Une chose que j'aime particulièrement faire est de me servir des impressions ou de leur équivalent numérique sur l'écran de mon ordinateur, pour procéder ultérieurement à une fragmentation des figures que je peins. Diviser et fragmenter le modèle original, voici un aspect qui est, depuis toujours, intéressant en peinture et que les nouvelles technologies semblent en quelque sorte encourager, et qui incitent un jeune peintre à interroger plus profondément la substance de ce qu'il observe.Il y a toujours, à la base, un désir de l'artiste de se libérer de l'exigence d'une conformité au réel mais, paradoxalement, depuis près d'un siècle, ce sont des instruments tels que la photographie, le cinéma et, aujourd'hui, les vues satellitaires, qui permettent à l'auteur de déployer son regard, d'aller à la recherche de soi.

V.M.: C'est ce qui s'est passé par exemple avec l'un de vos autoportraits.

J.L.: Oui, mais pas seulement avec celui-ci. Certes, picturalement le résultat est intéressant surtout en ce qu'il se détache radicalement du document d'origine; une photo de moi, probablement aussi bien réussie , mais qui, traduite en peinture, a révélé une réalité autonome et complètement différente, dont j'ai été, moi-même, surpris.

V.M.: Tout à l'heure, vous faisiez référence à l'importance de traduire la surprise provoquée devant l'alternance entre familiarité et étrangeté ressentie tant dans un paysage que dans un visage.Il s'agit d'une démarche rigoureuse qui s'illustre dans toutes les oeuvres que vous allez présenter pour la première fois à la Villa Médicis, et dont on peut aussi retrouver la trace dans des sujets que vous avez peint par le passé (les lutteurs de sumo, les paysages urbains new-yorkais).

J.L.: Il y a une continuité, mais effectivement pendant cette période à la Villa Médicis, au contact de la peinture du passé, mon attention s'est concentrée sur la possibilité de regarder la toile de façon moins unitaire, en consacrant un nouveau soin à certaines zones, en jouant sur les masses, en "volant le temps" à la photographie et à tous ces instruments dont nous avons parlé précédemment , pour construire autrement, et plus intensément, les impressions de flou, ou au contraire de clarté.Ces peintures témoignent peut-être en effet d'une démarche paradoxalement presque plus naturelle qui consisterait à controler l'image, en ajoutant et en soustrayant en fonction du ressenti que l'instant fait naître de l'acte même de peindre. Cette impression peut diriger le regard du spectateur mais aussi le disperser, comme cela a déjà pu se produire en art lorsque l'on veut se concentrer sur un miroir éclaté, ou sur une surface neutre mais brisée.

V.M.: C'est donc un peu comme si, au delà de la rencontre avec un lieu ou un sujet, vous vouliez également suggérer quelque chose de sa complexité, de ses fractures, de ses mille visions possibles…

J.L.: Peut-être. Mais il s'agit toujours de rapports personnels avec les choses, avec des amis, ou des lieux; ce sont eux qui en déterminent les règles. Il est à mes yeux impossible de conceptualiser une expérience aussi vaste et complexe que celle de reproduire ce quelque chose qui nous a ému dans un visage ou dans un paysage.

V.M.: Le support que vous utilisez est-il important?

J.L.: Très. Au contact avec l'huile, la toile, et en particulier la toile de lin dont je me sers beaucoup, permet de bien jouer sur la notion de transparence qui est le fondement de toute tentative picturale de retranscription du réel.L'apparition sporadique de portions de toile, le fait de laisser une clé à l'observateur pour qu'il puisse s'insérer lui-même dans le procédé…tout ceci m'est consenti par les supports que je choisis. La tentation de répéter, de multiplier les sujets, d'ailleurs, a souvent été déterminée par cette rencontre entre les matériaux. Dans le portrait de Massimo, le barman de la Villa Médicis, la tentation du reflet est née naturellement de la toile et du support.

V.M.: Y-a-t-il dans le portrait un pôle d'intérêt qui vous attire particulièrement?

J.L.: Le regard. Je suis, si on peut le dire, attiré par lui. Il m'interpelle, d'une façon spéciale. Le regard est tout. L'oeil. La direction. Si l'on capte la vie qui se meut dans un oeil, tout le reste disparaît et l'on peut finalement voir. La vie de l'oeil est l'expression-même du visage. C'est une chose qui, je crois, fascine tous les peintres.

V.M.: Et d'en capter l'existence dans le portrait, est-ce difficile?

J.L.: La difficulté majeure est de maintenir les modèles dans leur univers mental propre. Il faut les amener à oublier de vouloir poser, ou bien faire en sorte qu'ils abandonnent cette espèce de lassitude qu'il y a dans le geste de se laisser peindre. Il faut arriver à les capturer lorsqu'ils sont perdus dans leurs pensées. On a, par exemple, l'écrivain Mathias Enard qui me "fait la gueule" parce qu'il n'en peut plus d'être là, fatigué par la pose. Ce n'est pas cela que l'on doit montrer dans le tableau, mais plutôt essayer de découvrir ce qu'il est en train de penser pour s'évader de cette situation. L'intention doit toujours être celle de fixer sur la toile ce qui nous dépasse dans ce que nous voyons, et cela vaut aussi et surtout pour les paysages. C'est ce que depuis toujours la peinture nous apprend.

V.M.: A ce propos, quels sont les peintres qui vous ont, sinon influencé dans votre travail, du moins aidé à regarder la réalité d'une façon particulière?

J.L.: Il est assez difficile de répondre, parce que l'on court le risque de banaliser ou, encore pire, d'avoir l'air présomptueux; mais disons que, d'une manière très différente l'un de l'autre, Giacometti, pour la sculpture, Francis Bacon et, plus récemment, Lucien Freud m'ont particulièrement fasciné pour cette façon qu'ils ont de se maintenir à la frontière entre figuration et abstraction. Mais, en même temps, pourrait-on méconnaître la joie avec laquelle on regarde certains des monstres sacrés du passé et l'on voit comment ils ont résolu les problèmes qu'ils se sont posés: je cite Van Gogh, Rembrandt et Vélasquez, pour ne pas énumérer en vrac toute cette série de peintres et de géants qui ont marqué l'histoire de l'art et qui ont su se libérer d'une lecture académique de la figure, chacun en réponse aux problèmes de son époque ainsi qu'aux limites que celle-ci imposait.

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Lundi 27 octobre 2008
Bonjour,

J'ai le plaisir de vous inviter au vernissage de,
l'exposition de Erica Boimare,
le 8 Novembre à partir de 19h chez Mis en Oeuvre,
108, rue St Hilaire - 28400 Nogent le rotrou
www.mosd.fr
Son myspace
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Vendredi 24 octobre 2008
On m'avais dit  "la peinture c'est fini". Mais en fait on m'a menti... Voici venir une série d'articles avec des peintres d'aujourd'hui qui font vraiment de la peinture. Alors accrochez vous bien ça déboite. Un grand merci à Mathieu qui nous a fait découvrir une série de peintres que nous ne connaissions pas du tout et qui nous ont conquit. On est est vraiment des ignares
Plus d'images et infos en français

" Jenny Saville’s monumental paintings wallow in the glory of expansiveness. Jenny Saville is a real painter’s painter. She constructs painting with the weighty heft of sculpture. Her exaggerated nudes point up, with an agonizing frankness, the disparity between the way women are perceived and the way that they feel about their bodies.

One of the most striking aspects of Jenny Saville’s work is the sheer physicality of it. Jenny Saville paints skin with all the subtlety of a Swedish massage; violent, painful, bruising, bone crunching.

Jenny Saville:
With the transvestite I was searching for a body that was between genders. I had explored that idea a little in Matrix. The idea of floating gender that is not fixed. The transvestite I worked with has a natural penis and false silicone breasts. Thirty or forty years ago this body couldn’t have existed and I was looking for a kind of contemporary architecture of the body. I wanted to paint a visual passage through gender – a sort of gender landscape. To scale from the penis, across a stomach to the breasts, and finally the head. I tried to make the lips and eyes be very seductive and use directional mark-making to move your eye around the flesh.

Simon Schama: So you really do manipulate what’s in front of you through the mark-making. It’s very striking – I’m looking at a photograph of your transvestite painting Passage and that passage that moves from the penis and balls to the belly is really about the anatomy of paint as it constructs the body.

Jenny Saville: I have to really work at the tension between getting the paint to have the sensory quality that I want and be constructive in terms of building the form of a stomach, for example, or creating the inner crevice of a thigh. The more I do it, the more the space between abstraction and figuration becomes interesting. I want a painting realism. I try to consider the pace of a painting, of active and quiet areas. Listening to music helps a lot, especially music where there’s a hard sound and then soft breathable passages. In my earlier work my marks were less varied. I think of each mark or area as having the possibility of carrying a sensation.
(Extract from ‘Interview with Jenny Saville by Simon Schama) "

Jenny Saville "Passage" 2004, Oil on Canvas 336 x 290 cm
Jenny Saville Torso 2 2004, Oil on canvas 360 x 294 cm
Copyright 2003-2008 © The Saatchi Gallery : London Contemporary Art Gallery
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Vendredi 24 octobre 2008
Vu sur le blog de culturZ, une interview de Danièle Marty, la conclusion nous a touché et remet les choses dans le bon ordre. Merci Danièle pour vos effort et votre discours.
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Jeudi 23 octobre 2008
Vu sur http://www.joiamaga.com/ le travail étonnant de deux artistes néerlandais si j'ai bien compris. Très graphiques leurs propositions mèlent réalité et retouche d'image, où le corps humain est envahit par divers parasites / mutations.
A voir leur site simple mais redoutablement efficace.

"LucyandBart is a collaboration between Lucy McRae and Bart Hess described as an instinctual stalking of fashion, architecture, performance and the body. They share a fascination with genetic manipulation and beauty expression. Unconsciously their work touches upon these themes, however it is not their intention to communicate this. They work in a primitive and limitless way creating future human shapes, blindly discovering low – tech prosthetic ways for human enhancement."
© Lucy and Bart

Plus d'infos (en anglais)



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Mercredi 22 octobre 2008
Franchement je ne savais pas trop quoi en penser. D'un côté ça me plait beaucoup mais en même temps je vois pas l'intéret. C'est de l'art ou du cochon?


"ARTIST STATEMENT

Standing on the shoulders of other people's dreams could perhaps be the most pathetic of all dreams. The intent of my work is to create something short of its outcome. My goal is to create the idea of an object that remains a dream. The objects I create are based on fictions, rather than realities. I have always been interested in the ephemeral worlds established in film, or even in popular culture. Fictions or established hearsay allow for a flawed interpretation, which leads to a flawed result. The sublime is unattainable, and not an option. I further amplify this experience by only using my memory to construct my images. Failure is imminent. I find humor allows me to enjoy this experience, and I in turn build humor into the worlds established by my work. I have chosen to depict these states with unfinished wood, and other materials which convey a sense of the temporal. I find the beauty in life lies in between moments. My work offers a sense of what could be and what could never be simultaneously."
© Michael T. Rea

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Mercredi 22 octobre 2008
Un petit dernier pour la route. Au début ça paye pas de mine mais au bout d'un moment on se demande si ils font bien ce que je pense qu'ils font. Mais dans ce cas là ça veut dire que ce sont de grands malades...
Vu sur le blog de Joia magazine
Plus d'infos (peut-être en japonais)

Pikapika, The Lightning Doodle Project

Source (le blog de joachim)

" Ce n’est pas tous les jours qu’une nouvelle technique d’animation est inventée, expérimentée, et que les résultats sont publiés petit à petit. C’est pour ça que le projet Pika Pika, The Lightning Doodle Project, originaire du Japon, est remarquable.

Takeshi (tochka)
est le blogueur, lui et ses amis ont mis au point une technique très amusante:
"We took a photo of each image using long exposures and put them together to make them look like one animation."
( On prend une photo de chaque image en utilisant une exposition longue, et ensuite on les assemble pour en faire une animation.)

La technique de l’exposition longue est connue depuis l’invention de la photographie, et j’imagine que le dessin en utilisant de la lumière date d’aussi longtemps. En tous cas, Picasso l’a utilisé, et plein d’autres depuis. Cette technique de dessin est vraiment intéressante, d’une part il n’y a pas de repère graphique pour l’artiste, et il n’a droit qu’à un trait pour tout son dessin (encore qu’il est possible de tricher).

Il y avait eu cette publicité pour France Télécom, réalisée par le studio australien Collider, utilisant la peinture lumineuse (ils appellent ça le “flow lapse”, sans doute pour paraphraser “time lapse”), technique qu’ils avaient aussi utilisé pour une publicité pour la marque Foxtel.
Un peu dans le même genre, un crew de grapheurs hollandais, PIPS:lab, avait fait une série de travaux raisonnant sur la peinture de lumière en exposition longue, le graphiti etc…
Utiliser des dessins à la lumière pour l’animation, c’est donc totalement nouveau. Surtout de la façon le projet Pikapika l’utilise. Un exemple, 060624_07.gif. Chaque clé d’animation est dessinée à la lumière, ici c’est une sorte de petit bonhomme qui marche sur une table, qui saute, puis qui revient à son point de départ après s’être décomposé. D’autres exemples, in kitijoji.

Ce procédé de dessin ne peut pas être utilisé pour des créations très complexes. On peut écrire, on peut dessiner un peu, mais ne peut rarement faire plus qu’un gribouillis qu’on fait quand on est au téléphone. Les créations de Pikapika sont donc très simples, mais comme il y a plusieurs personnes en même temps, on a un enchevêtrement de volontés, de dessins qui évoluent chacuns à leur manière… l’un va faire une étoile, pendant qu’un autre fait des explosions de coeurs, ou une ligne qui bouge, ou un petit bonhomme bleu qui se transforme en arbre…

Le projet Pikapika a déjà accouché d’un court-métrage d’environ quatre minutes, qu’on peut voir ici : the past of “pikapika” qui a été nominé au Festival International du Film d’Animation d’Otawa, et d’une autre vidéo plus courte réalisée lors des ateliers d’été de l’école d’art de Caphouse, Kobe. Et encore des tas d’animations à Los Angeles avec kozyndan et leurs amis.

Oh, et puis “The ‘PIKA PIKA’ is a onomatopoeia in Japan representing flash light“. Et puis Tochka est le nom donné à “l’unité créative” de NagataTakeshi and MonnoKazue. Par le passé ils ont été nominés dans des festivals comme le Festival d’Animation d’Annecy 2000 et le Festival Hollandais d’Animation 2000. Bref, des gens bien. Qui sont en train d’inventer une nouvelle technique d’animation, et qui nous montrent leurs expériences.

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