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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 14:33
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Dialogue avec Max
est un cycle de trois expositions mis en place par le Studio Célanie en collaboration avec Ghislain Lauverjat à l’occasion de l’exposition Max Ernst au Musée des Beaux Arts de Tours. Les trois artistes tourangeaux invités à cette occasion réactualisent les réflexions du maître par le biais de codes contemporains pour nous offrir un nouvel éclairage sur une pensée qui conserve toute sa pertinence à notre époque. Ainsi ce cycle ne s’inscrit pas dans un iconoclasme sauvage mais souligne que l’histoire de l’art constitue le terreau de la création contemporaine et que de nombreuses passerelles existent entre les conceptions du passé et les pratiques du présent. Cette initiative est d’autant plus remarquable qu’elle s’inscrit dans la durée sans omettre de se renouveler pour diversifier les points de vue sans perdre en cohérence. En effet, alors que nous sommes habitués à des programmations quelque peu décousues, le Studio Célanie s’investit par le biais du cycle dans une véritable démarche curatoriale qui permet un élargissement du dialogue à différents artistes sans rogner sur l’autonomie des propos. Les trois expositions peuvent tout à la fois être appréhendées séparément et envisagées dans leur ensemble.

Alexandre Polazek a ouvert le bal du 03 au 31 octobre 2009 par une exposition intitulée Megaturge. Ce jeune artiste de 30 ans développe un travail fondé sur le rapprochement de la biologie et des nouvelles technologies. Afin d’initier en douceur la réflexion du spectateur, Alexandre Polazec s’appuie sur le mythe communément répandu du robot anthropomorphe. Il réalise un assemblage de pièces électroniques et mécaniques qui donnent naissance à de spectaculaires sculptures qui prennent la forme de pieds, de mains ou encore d’un tronc surmonté d’une tête. De la sorte, il nous met face au fantasme technologique de la création de la vie par l’homme. Cette interrogation première permet d’aborder une part plus picturale de son travail. En effet, il nous présente des peintures dont la composition s’inspire directement des codifications ADN et binaires respectivement utilisées en biologie et dans les nouvelles technologies pour rendre le réel intelligible. Dans cette perspective, l’artiste crée un langage plastique fait de carrés rouges sur fond blanc dont la répétition semble rationaliser l’espace de la toile mais dont les possibilités combinatoires permettent de développer une idée du vivant notamment par l’introduction d’erreurs et d’exceptions. Ainsi, grâce au travail d’Alexandre Polazec, nous pouvons ouvrir notre esprit à la perméabilité de la frontière entre naturel et artificiel.

C’est ensuite Marion Franzini qui est intervenue du 07 au 30 Novembre 2009. Cette artiste présente, à l’occasion de Dialogue avec Max, une série de peintures qui n’est pas sans évoquer une certaine forme d’expressionisme. En effet ses toiles convoquent bien plus l’émotion que la réflexion. Il s’agit de rendre l’invisible, visible, de poser une forme sur l’informe. Sa peinture semble être abstraite, d’un imperceptible dont nous avons la connaissance intuitive mais que nous ne saurions définir avec précision. Marion Franzini donne corps à ce qu’en nos corps nous portons. L’exercice est particulièrement délicat, Marion Franzini reste en équilibre sur le fil et ne tombe pas dans un pathétique étouffant. La légèreté de ses peintures permet au spectateur de s’imprégner sans être écrasé. Les formes existent au regard sans s’imposer. Avec une grande subtilité, l’artiste se joue des relations entre le trait, la forme et la couleur dans des compositions empreintes d’une grande poésie. Les regards se croisent et le charme opère...

Xavier Célanie clôture le cycle depuis le 05 Décembre 2010 et jusqu’au 15 février 2010. Cet artiste réalise des illustrations sur du carton de récupération. Pour l’évènement que constitue Dialogue avec Max, il donne une nouvelle dimension à son travail en recouvrant la galerie du sol au plafond de carton faisant de l’œuvre une véritable installation in situ. Il ne s’agit pas là d’une réunion de travaux réalisés en amont. Xavier Célanie a tout d’abord mis en place son support à l’intérieur de la galerie avant de commencer le travail de dessin à proprement parler. Le soir du vernissage, nous n’avons eu de celui-ci qu’un aperçu. En effet, de nouvelles illustrations sont ajoutées tout au long de l’exposition, faisant de l’ensemble une œuvre évolutive, une œuvre qui vit et grandit dans le temps. Sur les murs se rencontre toute une pléiade de personnages de style urbain aux traits résolument caricaturaux. Ceux-ci sont nombreux et de toutes tailles, si bien que l’œil se perd sans cesse avant de se ressaisir quand il parvient finalement à isoler un des personnages. Le spectateur picore sur les murs, le regard voyage au gré du dessin et s’immerge totalement dans l’œuvre. Ainsi, c’est toute notre capacité à lire le monde qui nous entoure qui est interrogée.

Mathieu Richard
Parralleles Mag #11

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